Migros : ne laissez pas tomber les livreuses et livreurs de Smood !

Le service de livraison de repas Smood a annoncé que ses activités allaient cesser. Migros, qui détient 100 % du capital de Smood, abandonne l’entreprise face aux pratiques de dumping concurrentiel d’Uber Eats. Le syndicat Unia exige de Migros et Smood qu’ils assument leurs responsabilités d’employeurs.

La filiale de Migros Smood a annoncé qu'elle pourrait être contrainte de cesser ses activités. Le service de livraison de repas ne serait apparemment pas assez rentable. La concurrence dans le domaine de la livraison de repas est forte, d’autant plus que les autorités tolèrent depuis des années que des acteurs tels qu'Uber Eats conquièrent des parts de marché en violation flagrante de la loi et de la convention collective nationale de travail (CCNT) de l'hôtellerie et de la restauration. Le modèle d’affaire illégal d'Uber Eats, qui exploite les livreuses et livreurs en les faisant passer pour des faux indépendant-e-s, détruit progressivement le secteur.

Migros doit assumer ses responsabilités

La décision de Migros est néanmoins préoccupante. Elle menace de licencier environ 400 travailleurs et travailleuses à bas salaire. En tant que plus grand employeur privé de Suisse, Migros doit assumer ses responsabilités et trouver une solution pour éviter que les coursières et coursiers ne se retrouvent à la rue. Pour cela, Migros et Smood doivent se montrer disposés à discuter avec les syndicats d'alternatives aux licenciements. Si ceux-ci ne peuvent être évités, un plan social exemplaire doit être négocié afin d'offrir des garanties aux employé-e-s dans cette situation précaire.

Procédures en cours chez Smood

Il faut également veiller à ce que les livreuses et livreurs de repas de Smood puissent faire valoir leurs dus et obtenir ce qui leur revient de droit. En effet, plusieurs procédures sont actuellement en cours, car Smood ne respecte pas les conditions de travail en vigueur dans la CCNT de l'hôtellerie-restauration et doit de l'argent à ses livreurs et livreuses. Menacer de fermer l’entreprise ne doit pas servir à balayer ces revendications sous le tapis.