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Le mensonge du trou de 600 millions dans notre deuxième pilier

04.02.2010


Economiesuisse réunit une brochette d’experts en caisses de pension acquis à la cause de la baisse des rentes. Ces experts propagent sans une once d’esprit critique l’affirmation d’economiesuisse qu’il y aurait un trou de 600 millions de francs dans notre deuxième pilier. La vérité est qu’un tel trou n’existe pas. Selon l’Office fédéral des assurances sociales, ce chiffre représente en fait la somme qui serait économisée avec la baisse du taux de conversion.

Actuaires utilisés comme paravents pour une campagne de mensonges
«Chaque année, il manque 600 millions dans le deuxième pilier. Les actifs paient pour combler ce trou.» C’est ce qu’affirmaient hier les actuaires Marc Chuard, Olivier Deprez, Stephan Gerber et Werner Koradi dans une annonce du comité en faveur de la baisse des rentes. Aujourd’hui, ces quatre mêmes experts tiennent une conférence de presse.
 
Or si l’on interroge le service responsable du dossier, soit l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS), sur la manière dont a été fait le calcul, également mentionné dans l’argumentaire de l’OFAS, on apprend la manipulation qui se cache sous cet argument. Les 600 millions sont en fait le résultat de comptes d’épiciers: chaque année, on recense 30 000 nouveaux bénéficiaires de rentes; en cas d’abaissement du taux de conversion de 6,8% à 6,4%, on obtient en moyenne 20 000 francs par retraité, soit au total 600 millions. Autrement dit, le fameux trou de 600 millions utilisé comme argument soi-disant objectif pour vendre la baisse des rentes est simplement le résultat financier qui serait obtenu après cette baisse arbitraire. C’est un pur mensonge destiné à créer la panique dans la population pour lui faire avaler une baisse
 
Une question non pas technique mais politique
Si l’on considère les revenus à long terme, le rendement moyen d’une caisse de pension possédant 25% d’actions dans son portefeuille s’est élevé à 5,9% depuis 1985. Alors que chaque année, les intérêts servis aux assurés sur leur avoir de vieillesse n’ont été que de 4%. Il est donc malhonnête de prétendre qu’il existe un trou et que les jeunes paient pour les plus âgés. Si l’on s’en tient à l’année passée, on voit encore moins un tel trou financier. Le rendement moyen d’une caisse de pension possédant 25% d’actions dans son portefeuille a atteint 11,74%. Mais entre 3,5% et 4% ont été crédités sur l’épargne-retraite des bénéficiaires de rentes.
 
Les arguments pour une baisse des rentes ne sont pas des arguments de technique de placement. La votation du 7 mars est avant tout une question politique: Il s’agit de savoir si le deuxième pilier doit permettre de mener une existence digne durant sa retraite. Ou s’il s’agit d’un self-service pour les compagnies d’assurance.
 
Celles-ci souhaitent réduire le taux de conversion pour réaliser des bénéfices plus élevés. Mais, avec une rente raccourcie de 10%, beaucoup de retraité-e-s ne pourraient plus vivre correctement. Le syndicat Unia veut que les rentes et non les bénéfices des assurances soient garantis et dit donc résolument NON au vol des rentes.
 
Renseignements:
Aldo Ferrari, secrétaire régional Unia Vaud
Anne Rubin, porte-parole du syndicat Unia
 
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